Prévoyance et patrimoine : Il faut s’y prendre tôt!
Le médecin salarié a une caisse de pension qui travaille pour lui en arrière-plan. L’indépendant, lui, doit tout organiser seul, et le fait souvent trop tard. Voici les décisions qui pèsent réellement, avec les chiffres 2026.
Un système à trois piliers, dont un facultatif
L’AVS est obligatoire, le pilier 3a est libre, mais c’est le deuxième pilier qui fait la différence : pour le médecin exerçant en raison individuelle, l’affiliation à une institution de prévoyance n’est pas obligatoire. Beaucoup y renoncent les premières années, quand la trésorerie est tendue. Mais lorsque les finances s’améliorent, il faut faire les bons choix, notamment décider si la prévoyance sera plutôt 2ème ou 3ème pilier.
Le « grand » pilier 3a, premier réflexe
En 2026, une personne affiliée à une caisse de pension peut verser 7’258 francs par an dans son pilier 3a. Un indépendant sans deuxième pilier peut verser jusqu’à 20% de son revenu net d’activité lucrative, avec un plafond de 36’288 francs. L’écart est considérable, et entièrement déductible du revenu imposable. C’est 36’288 francs, c’est ce qui est appelé le « grand » pilier 3a.
Nouveauté applicable depuis janvier 2026 : les lacunes de cotisation peuvent être comblées rétroactivement, sur dix ans au maximum, pour les années dès 2025. Les conditions sont strictes : un seul rachat par année, plafonné au montant de la « petite » cotisation (7’258 francs en 2026), la cotisation ordinaire de l’année en cours doit avoir été versée, et un revenu soumis à l’AVS est exigé pour l’année comblée comme pour l’année du rachat.
Le deuxième pilier facultatif, un arbitrage à poser
S’affilier ouvre la porte aux rachats, eux aussi déductibles, et à une couverture décès et invalidité souvent bien meilleure. Le prix à payer : le plafond 3a retombe alors à 7’258 francs. Le calcul dépend du revenu, de l’âge et du canton, il se fait avec un conseiller, pas au feeling.
Un piège classique : un rachat effectué dans les trois années précédant un retrait en capital peut voir sa déduction remise en cause. Cette règle disqualifie les stratégies de dernière minute.
Sortir le capital : la fiscalité de l’échelonnement
L’impôt sur les prestations en capital est cantonal et progressif. Retirer 500’000 francs en une fois coûte nettement plus cher que deux retraits de 250’000 espacés d’une année. D’où l’intérêt d’ouvrir plusieurs comptes 3a en cours de carrière, de coordonner les retraits avec son conjoint et de planifier la séquence sur plusieurs exercices.
Le calendrier compte autant que les produits
Les décisions les plus rentables se prennent le plus tôt possible, pas les dernières années. Ouvrir des comptes 3a séparés, décider ou non de s’affilier au deuxième pilier, étaler les rachats, fixer une date de remise : ces choix doivent se faire le plus tôt possible.
Pour aller plus loin, consultez la rubrique Banques, finance et conseils patrimoniaux et la rubrique Fiduciaires de notre site, qui recensent des partenaires connaissant les particularités du monde médical.
Jean Gabriel Jeannot, le 26.08.26
Image. Prévoyance et patrimoine: il est indispensable de se faire conseiller.
Messages à retenir
- L’indépendant n’a pas de deuxième pilier obligatoire : sa prévoyance repose sur des choix actifs, jamais sur un automatisme.
- En 2026, le plafond 3a atteint 36’288 francs sans caisse de pension, contre 7’258 francs avec.
- Les rachats rétroactifs dans le pilier 3a sont possibles depuis 2026, sur dix ans au maximum et sous conditions strictes.
- L’échelonnement des retraits en capital, sur plusieurs comptes et plusieurs années, réduit sensiblement la facture fiscale.