Comment l’IA devient-elle un partenaire fiable dans le système de santé ?
Un article proposé par HIN (Health Info Net SA).
L’IA assiste – là ou le médecin décide. L’intelligence artificielle (IA) peut apporter un réel soulagement dans les cabinets médicaux – si elle est spécialisée dans le système de santé suisse, fonctionne en conformité avec les réglementations très strictes et si le personnel spécialisé maîtrise parfaitement son utilisation.
Moins d’administration, une facturation irréprochable, une documentation complète – et plus de temps pour les entretiens avec les patients: on entend souvent de telles promesses quand il est question de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le système de santé. Dans la pratique, il apparaît toutefois que les médecins ne bénéficient d’une réelle valeur ajoutée, sans aucun compromis, que si la solution d’IA utilisée est adaptée aux conditions-cadres suisses et s’intègre harmonieusement aux processus existants, au lieu de créer de nouvelles ruptures.
L’ancrage suisse est une exigence incontournable
Les médecins qui utilisent l’IA dans leur cabinet sont soumis au cadre juridique suisse, lequel est contraignant. Les décomptes doivent refléter fidèlement les systèmes tarifaires tels que TARDOC, et les prestations doivent être documentées de manière transparente. En outre, les prescriptions de la LAMal et de la LPD s’appliquent, notamment en matière de consentement, de finalité des données et de journalisation rigoureuse.
La réalité des cabinets est elle aussi foncièrement suisse: le multilinguisme (nos trois langues nationales sont obligatoires, les langues étrangères comme l’ukrainien relèvent d’un choix personnel), les particularités cantonales et l’exigence que les données de santé soient traitées en Suisse. Mais aussi une authentification forte, des concepts clairs de rôles et de droits, ainsi que des pistes d’audit complètes.
Image. L’IA : le nouvel assistant du médecin ?
L’ancrage suisse est une exigence incontournable
Les médecins qui utilisent l’IA dans leur cabinet sont soumis au cadre juridique suisse, lequel est contraignant. Les décomptes doivent refléter fidèlement les systèmes tarifaires tels que TARDOC, et les prestations doivent être documentées de manière transparente. En outre, les prescriptions de la LAMal et de la LPD s’appliquent, notamment en matière de consentement, de finalité des données et de journalisation rigoureuse.
La réalité des cabinets est elle aussi foncièrement suisse: le multilinguisme (nos trois langues nationales sont obligatoires, les langues étrangères comme l’ukrainien relèvent d’un choix personnel), les particularités cantonales et l’exigence que les données de santé soient traitées en Suisse. Mais aussi une authentification forte, des concepts clairs de rôles et de droits, ainsi que des pistes d’audit complètes.
L’interaction avec le SIC est déterminante
Pour obtenir des résultats de grande qualité, adaptés à chaque patient, l’IA doit pouvoir accéder aux données pertinentes du patient – par exemple ses antécédents médicaux. Ces données se trouvent dans le système d’information de cabinet (SIC). Les projets menés révèlent que les interfaces et standards modernes (p. ex. FHIR/CH Core) constituent la base de solutions d’IA réellement adaptées à la pratique. De telles interfaces sont en outre indispensables pour que les fonctions d’IA puissent traiter de nouveaux résultats, rapports ou messages dans le bon format et restituer les données de manière structurée.
L’expérience utilisateur est tout aussi importante: l’IA présente l’avantage de pouvoir traduire, en un clin d’œil et de manière automatisée, des données en langage naturel et, inversement, d’extraire à partir du langage humain (p. ex. des enregistrements audio) des données structurées ou de convertir des informations dans différents formats. Mais l’interaction efficace entre les professionnels et les outils d’IA est également importante pour ne pas perdre une partie du temps gagné avec trop de copier-coller entre différentes applications.
Traçabilité plutôt que résultats type « boîte noire »
Lorsqu’il s’agit de décisions concernant un bien aussi essentiel que la santé d’une personne, la transparence n’est pas un simple atout, mais une condition préalable à l’acceptation et à la sécurité juridique. Un taux de réussite acceptable d’une solution d’IA ne suffit donc pas; chaque recommandation doit s’accompagner d’une trace logique: quels critères ont été pondérés et comment, quelle source a étayé quel résultat? La transparence crée la confiance et permet la correction par des spécialistes sans perte de rapidité.
Où l’IA intervient-elle concrètement dans la pratique ?
Comme déjà mentionné, l’IA peut convertir directement les entretiens en une documentation exploitable; elle est donc idéale pour la dictée de résultats d’examen et la rédaction structurée de résumés de premiers entretiens (p. ex. anamnèse, médication, symptômes principaux), ainsi que d’entretiens de suivi ou de séances de thérapie (p. ex. en psychiatrie). Les réunions d’équipe, les Medical Boards ou les cercles de qualité peuvent aussi être consignés de manière complète et analysés ultérieurement. Dans la documentation proprement dite, l’IA peut aider à convertir de longs dossiers en résumés concis d’anamnèse ou de suivi et à préparer des lettres de médecin sous forme d’ébauches fiables.
Comment reconnaître une bonne solution
Lors de l’évaluation, la substance prime sur les démonstrations impressionnantes. Il est recommandé d’opter pour des solutions proposées par des prestataires de confiance, établis en Suisse, qui développent ou perfectionnent leur système en collaboration avec des médecins praticiens suisses et garantissent la saisie et le traitement de données de santé sensibles sans risque de non-conformité. Il convient d’être prudent avec les systèmes qui, par anonymisation ou désanonymisation, traitent des données à l’aide d’une IA américaine ou chinoise, car une fiabilité absolue ne peut pas être garantie. Les données et leur traitement par l’IA doivent, de préférence, être hébergés dans des centres de calcul suisses certifiés.
L’IA doit en outre rendre ses sources transparentes, justifier ses résultats de manière vérifiable, bien interagir avec le SIC, maîtriser les interfaces et formats suisses standards, ne pas laisser les données des patients alimenter les processus d’apprentissage sans consentement explicite et – en ce qui concerne p. ex. les prompts, les directives, la langue et les priorités – être adaptée à la pratique afin que les professionnels de santé qui l’utilisent puissent en garder la pleine maîtrise.
Mettre en place l’IA dans un cabinet – écueils à éviter
Dans un premier temps, le cabinet doit créer les bases nécessaires: rôles et droits, flux de données et premières directives concernant les règles de comportement, la tonalité, la langue et les types de documents. L’objectif est de garantir un fonctionnement de base sûr et adapté à la pratique quotidienne. Au début, il convient de se focaliser sur quelques cas d’utilisation clairs, par exemple l’enregistrement d’entretiens et la génération de rapports. Procédez par petites étapes, demandez un feed-back aux AM et aux médecins, affinez les modèles et les prompts, formez l’équipe et ancrez les nouvelles routines.
Si l’introduction de l’IA pose des problèmes, cela tient rarement à la technologie elle-même, mais plutôt à des ruptures de processus et de médias ou à des règles du jeu floues. La tendance à la «surautomatisation» est tout aussi problématique, même si elle est compréhensible. Bien que l’IA soit une technologie puissante, présentant un potentiel important, elle ne fait pas de miracles et ne peut pas accomplir seule toutes les tâches administratives. L’IA reconnaît des modèles, rassemble des informations, élabore des ébauches – l’humain contrôle et décide.
Conclusion : conforme aux exigences suisses, intégrée et maîtrisable
Une IA performante dans un cabinet médical n’a rien de spectaculaire. Elle est invisible et efficace: conforme au droit, intégrée aux processus et maîtrisée par le personnel. La charge administrative diminue sensiblement, et davantage d’espace se libère pour l’activité médicale proprement dite.
Lorsque vous évaluez un nouvel outil d’IA, vérifiez en priorité la spécialisation, la transparence et le respect du cadre juridique suisse. Et testez deux cas d’utilisation concrets pendant quelques jours. Pour que l’IA passe du mot à la mode à un outil fiable dans la pratique.
Article proposé par HIN, le 10.01.2026