Documenter.ch : enfin une solution informatique pour faciliter le travail administratif des médecins
Une solution suisse de documentation médicale assistée par IA, conçue par deux médecins en activité. Promesse : rendre du temps clinique sans compromettre la confidentialité. Tour d’horizon : atouts, chiffres et limites.
Le constat, on le partage tous
La charge administrative ne cesse d’augmenter. Rapports à dicter, courriers à rédiger, dossiers à synthétiser, lettres pour les assurances, etc. Deux chiffres souvent cités méritent qu’on s’y arrête : un médecin passe en moyenne trois fois plus de temps devant son écran qu’avec ses patients, et 46 % citent l’administratif comme première cause d’épuisement. Personne n’est surpris.
La question n’est plus de savoir s’il faut s’outiller, mais comment, sans renoncer au secret médical, sans envoyer ses données sur des plateformes américaines qui ne répondent pas aux exigences de la protection des données.
Le projet DOCumenter
Documenter.ch est un projet vaudois lancé publiquement en mars 2026 par deux médecins en activité, le Dr Francesco Tommasini (médecin de famille FMH, CTO) et le Dr Ismaël Olivier Rophé (médecin hospitalier, CEO), basé au Biopôle d’Épalinges. La promesse tient en une phrase reprise sur leur page d’accueil : « Vous soignez les patients. Nous soignons les dossiers. »
L’outil combine trois fonctions :
- Un scribe médical. Vous cliquez avant la consultation, vous arrêtez à la fin. DOCumenter sépare automatiquement les voix (médecin, patient, accompagnant), reconnaît les médicaments référencés Swissmedic, gère interruptions et bruit ambiant, et fonctionne en français, allemand, italien et anglais, utile pour les consultations qui glissent d’une langue à l’autre. Le résultat : un compte rendu structuré, prêt à coller dans votre dossier médical informatisé, en environ 30 secondes.
- L’analyse et la génération de documents. Glissez-déposez un ou plusieurs PDF, un scan ou une photo (lettre d’assurance, rapport de spécialiste, courrier d’hôpital, biologies, imagerie). Vous obtenez un résumé hiérarchisé, un courrier rédigé selon le destinataire ou une synthèse exhaustive du dossier. L’outil sait corréler les valeurs dans le temps, un NT-proBNP de 2022 face à celui de 2025, par exemple, et signaler des contradictions entre documents. C’est là qu’il devient vraiment intéressant pour les dossiers complexes.
- Un module TARDOC. L’outil extrait automatiquement les positions facturables d’une consultation, justifie chaque suggestion et détecte les actes non facturés. DOCumenter annonce entre 5 et 15 % de revenus récupérés. C’est probablement l’argument le plus pragmatique pour un cabinet indépendant.
Les trois fonctions se combinent. Une consultation enregistrée + le rapport de labo glissé-déposé + un précédent courrier du spécialiste : DOCumenter produit un compte rendu unifié, prêt à relire.
La confidentialité, vrai différenciateur
C’est là que DOCumenter se distingue clairement des outils hébergés à l’étranger. Rappelons que l’utilisation de données patients via des plateformes comme ChatGPT est contraire aux exigences légales suisses
L’architecture annoncée est dite « stéthoscope » : capte, transmet, oublie tout. Les données transitent chiffrées, sont traitées exclusivement en mémoire vive sur des serveurs bare-metal suisses, puis la mémoire est purgée. Rien n’est écrit sur disque, rien n’est conservé, rien ne sert à entraîner des modèles. Aucune API externe (pas d’OpenAI, pas de Google) : les modèles IA tournent localement.
Côté certifications : infrastructure ISO 27001:2022 (sécurité de l’information), Swiss Made Software, Swiss Hosting. Conformité nLPD et Art. 321 du Code pénal (secret professionnel). Et, argument souvent décisif pour les cabinets de groupe, immunité au US CLOUD Act, contrairement aux solutions hébergées chez les géants américains.
Concrètement : l’outil peut s’intégrer dans le flux de travail sans devoir s’en cacher devant le préposé cantonal à la protection des données.
Les chiffres annoncés
DOCumenter avance les ordres de grandeur suivants, issus de leur cycle de tests terrain :
- Temps de documentation divisé par 4
- Environ 20 minutes économisées par dossier complexe
- Près de 300 heures par an rendues à la médecine
- L’équivalent d’environ 40’000 CHF/an de valeur récupérée
- +5 à 15 % de revenus via le module TARDOC
Faut-il les prendre au pied de la lettre ? Comme toujours avec les chiffres publiés par un éditeur sur son propre produit, à pondérer selon votre pratique. Mais l’ordre de grandeur est cohérent avec ce que l’on observe chez les autres solutions sérieuses du marché, suisses ou internationales.
Image. Un échange entre quatre yeux, sans avoir les mains sur le clavier !
Les vraies limites
Pour être lucide, il faut nommer ce que l’outil ne fait pas, et DOCumenter le reconnaît noir sur blanc dans ses CGU :
- Ce n’est pas un dispositif médical au sens de la LPTh ni du règlement européen MDR. Pas un outil de diagnostic, pas une aide à la décision clinique, pas un substitut au jugement professionnel.
- L’IA peut produire des résultats inexacts, incomplets ou mal interprétés, particulièrement en reconnaissance vocale dans un environnement bruyant, ou sur la compréhension fine du contexte.
- L’IA n’a ni raisonnement médical, ni sens clinique, ni compréhension du patient. C’est un assistant documentaire performant, pas un confrère numérique.
- La qualité dépend directement de l’input : un dictaphone capricieux, un PDF mal scanné, et le résultat se dégrade.
- Le médecin reste seul responsable de la vérification, de la pertinence et de la conformité de tout contenu généré, y compris déontologiquement. Côté courbe d’apprentissage : le scribe s’utilise dès le premier jour. La fonction « analyse et génération » demande quelques semaines pour identifier quels types de courriers et quels formats vous voulez par défaut. Rien d’insurmontable, mais ne pas s’attendre à un gain maximal dès la première consultation.
Pour qui, à quel prix
Trois formules, toutes en CHF/mois HT, sans engagement :
Trois formules, toutes en CHF/mois HT en facturation annuelle (facturation mensuelle possible sans
réduction):
- SCRIBE+ — 160 CHF (120 avec le code Founders). Pour les thérapeutes centrés sur l’écoute : psy, physio, ostéo.
- IA-SSISTANT — 250 CHF (188 avec Founders). Internistes et spécialistes : scribe + analyse de documents.
- IA-SSISTANT Pro — 380 CHF (285 avec Founders). Généralistes indépendants, urgentistes, et tout cabinet qui gère lui-même sa facturation : la totale, TARDOC compris.
Et surtout : essai gratuit 10 jours, sans carte de crédit, sans engagement. Un conseil : ne pas juger l’outil sur la première matinée. Le scribe se prend en main rapidement, mais c’est en l’utilisant sur plusieurs jours, sur des cas variés, des courriers réels, des dossiers qu’on aurait normalement repoussés au soir, qu’on voit ce qu’il change vraiment au quotidien. Les dix jours sont calibrés pour ça.
Mon avis
Des outils comme DOCumenter.ch vont trouver leur place dans le quotidien des médecins, cela va devenir une norme : pertinence clinique pensée par des médecins, conformité juridique et infrastructure 100 % suisse.
Alléger le travail administratif des médecins, ce n’est plus une option, c’est une obligation. Le calcul est rapide : un ou deux patients vus en plus par mois suffisent à rentabiliser l’abonnement.
À tester → documenter.ch.
Jean Gabriel Jeannot, le 01.06.26
Déclaration de liens d’intérêts. L’auteur entretient un partenariat éditorial avec DOCumenter SA. Il ne détient aucune participation au capital de la société. Le contenu de cet article reflète son analyse personnelle et n’a pas été soumis à validation préalable de l’éditeur.
En savoir plus sur Documenter.ch ? Trois possibilités
1. Vous allez sur le site Documenter.ch, vous faites un essai gratuit 10 jours.
2. Vous participez à un wébinaire de présentation de Documenter.ch (gratuit). Celle plateforme est un bel exemple d’une solution concrète pour alléger le travail des médecins, j’envisage donc d’organiser un wébinaire pour permettre aux personnes intéressés de découvir cette solution, pour comprendre comment elle peut les aider à alléger leur travail administratif. Si vous êtes éventuellement intéressé, inscrivez-vous à l’infolettre d’iamedicale.org (une adresse mail suffit), nous vous informerons par ce canal de la date du wébinaire.
3. Vous faites les 2 😉
Image. Relax.